Bilan de la Chine

On va faire pour la première fois le bilan d’un pays au cas où il y aurait des aventuriers qui se posent la question de rouler la-bas.

Donc pas de photos, vous en avez assez eu.

La chine dans le désordre pour la partie a vélo:
– La navigation: 800-900km entre Guangzhou et la frontière du Vietnam (Dongxing-Mong Cai)

*C’est pas simple de quitter les routes principales qui traversent le
pays (on a du faire 90% de notre périple en Chine sur la route 325).
On a essayé de prendre les chemins de traverses pour faire les aventuriers de la cambrousse, on a pris de la poussières de camions, des bosses et des trous, pas mieux au niveau paysages. En plus, on avait une carte misérable ce qui ne permet pas un radio guidage des plus élaborés, du coup, on s’est paumés à chaque fois.

*Les cartes de Chine, c’est pas terrible. On a eu du bol de tomber sur une carte assez détaillée de la province de Guangdong quand on était sur Guangzhou. Pour la province de Guangxi, on a fini sur une carte de la chine au 1/2700 000 (soit 1 journée de vélo =  2.5 cm de carte …).

*Le chinois et la navigation, c’est plutôt aléatoire. Quand on est paumés ou que l’on souhaite savoir où on est sur la carte, on demande au « Chinois » (autochtone de la Chine ayant un sens de l’orientation se rapprochant de celui de Jeanluc, à savoir à mi chemin entre l’efficacité de google maps en Chine et la pertinence d’une boussole dans l’espace). Cela donne quelques situations un brin cocasse : on nous a dit que l’on était à Canton alors que ça faisait 5 jours qu’on en était partis – si ça vous parle pas, à notre vitesse super-sonique, 5 jours, c’est l’équivalent de la distance entre la Bernerie-en-Retz et Marcilly-en-Gault ). Du coup, on aime bien demander 4-5 fois à des bonhommes différents pour être à peut près surs de la direction. Au final, ils sont plutôt sympas, même si en général, ils panent pas grand chose.

*Sur tous les panneaux de route, il est indiqué la direction générale suivie (nord sud etc…). Ça aide bien en cas de doute.

– Le trafic:
En ville, il y a théorie du banc de poisson: Ne JA-MAIS ralentir ou s’arrêter. JAMAIS. Laisser à ses voisins une petite marge mais pas trop parce que sinon, quelqu’un se glisse dans l’intervalle. Ne jamais forcer de trop une priorité et faire en sorte que l’ensemble du trafic s’écoule pour le mieux plutôt que de penser qu’à forcer son chemin comme un marseillais (j’ai rien contre les marseillais, mais on peut pas dire qu’ils conduisent cordialement). Manue a encore du mal avec le concept de ne pas freiner, moi, j’adore.
La circulation est assez lente. Genre 20-30km/h en ville, ce qui est à peut près notre vitesse de croisière et 40-50km/h en campagne. Les grandes artères en ville ont toujours une voie pour les vélos motos et autres chariotes du diable à bras ou à moteur. Les grandes routes sont toutes peuplées de 2/3 roues assez lents ce qui fait que les véhicules plus rapides font toujours des écarts très importants pour doubler.
Les routes sont en bon état, plutôt à base de grands carrés de ciment que d’asphalte, et les villes sont en général indiquées en signe chinois et en alphabet classique.
Au final, on avait un peu la frousse de se retrouver comme en Russie à serrer la fesse gauche à chaque camion. En fait, ce serait assez agréable de rouler en chine si on avait pas l’impression de pédaler dans une fonderie tant la pollution est balèze. Il faut aussi apprendre à se boucher les oreilles pasqu’ils adorent te klaxonner (klaxonner veut dire en chinois: « ‘tin la vache, vous devez avoir tous les insignes scouts des aventuriers de la pédales »).

– l’hébergement
Dans les grandes villes (Shanghai et Canton): auberges de jeunesse -> 55 yuan la nuit par personne en dortoir (à voir si en hôtel, c’est pas moins cher pour 2 ou plus).
Dans la campagnes (comprendre villes entre 400 000 et 1 500 000 habs): hôtels.
Toutes les villes ont des hôtels, faut juste les trouver. Pour trouver
un hôtel, viser les bâtiments avec mini 4-5 étages, avec des clim à toutes les fenêtres, souvent un grand panneau en néons à moitié grillé. Quand tu entres dans le hall et que tu vois un comptoir avec 5 horloges (heure de Londres, Beijing, Paris, New York et Sydney), tu sais que tu es dans un hôtel!
A la réception, tu joues au pictionnary pour expliquer que tu veux rester une nuit et que tu veux visiter la chambre avant de décider (c’est important pour savoir si tu vas pas dormir dans une piaule qui pue le canard faisandé ou la vieille clope). Tu négocies le prix (ça marche de temps en temps et ça coûte rien d’essayer…). Tu donnes ton passeport pour qu’ils t’enregistrent (et franchement, pour avoir rempli le formulaire de police à la place de la réceptionniste avec un autre client qui parlait chinois-anglais, on a failli se tirer une balle). Bref, soit ils ont la flemme et ils te disent qu’ils prennent pas les étrangers, soit ils s’en foutent et prennent le code postale de ton adresse en guise de numéro de passeport, soit ils essaient de t’enregistrer, et tu finis par t’appeler Nom: Française, Prénom : marron (véridique).
En général les prix tournent en moyenne autours de 120 yuans (15
euros) pour une chambre assez grande, un grand lit (genre 2*2m), salle de bain qui parfois te permet de te laver en faisait la grosse
commission, brosses à dents, capotes, serviettes, souris, papiers
peints qui se décollent, air climatisé, traces de cigarette sur la
moquette, anti-moustique et bouilloire. Internet est à peu près dans tous les hôtels, sauf dans les taudis. C’est en général assez
confortable (beaucoup plus qu’une tente). Faut un peu discuter pour faire rentrer un vélo ou un tandem dans l’hôtel mais on a toujours réussi.

Tourisme en Chine … Que visiter, que faire?

Le tourisme chinois est « différent ». On a pas bien compris le concept encore. Mais en général ce qui est bien pour le touriste chinois est plutôt carton-pâte, à grand renfort de doré.

* Shanghai, c’est une ville assez sympathique à visiter. Faut pas forcément faire ce que vous conseillent les auberges (genre la vieille ville qui n’a de vieille que son nom et compte plus de Mc Do que de trucs vieux). Shanghai, c’est un bon premier contact avec la chine. Des troupes de rues en pyjama, des bonhommes qui crachent partout, ne pas manquer d’aller se balader dans les petites rues marché, et si vous avez le temps, le marché au tissu à failli rendre folle Manue qui voulait refaire sa garde robe (faut dire que de passer 6 mois avec les  3 même T-shirt et même 2 shorts, ça donne des envies de shopping …).  Ah oui, et flâner sur le Bund et l’avenue principale piétonne (East Nanjing Rd) est agréable.

* Canton (ou Guangzhou) n’est pas franchement très intéressant en dehors des scènes de vies de rue des chinois. Ils sont en train d’y construire le bâtiment le « plus écologique du monde » à côté d’une série impressionnante de bâtiment certainement pas du tout écolo. Mais c’est la Chine !

* Le Guangdong: super parc industriel grandeur nature. C’est excellent de voir d’ou viennent tous les trucs que vous avez dans vos maisons (meubles, électronique, robinetteries etc…). C’est aussi complètement incroyable de voir se former sous nos yeux ébahies la future bulle immobilière chinoise qui va exploser dans les 2-3 ans à venir. Toutes les villes que l’on a croisées avaient des projets immobiliers monstrueux (genre 50 à 100 immeubles de 25-30 étages en cours de constructions) alors que les dizaines d’immeubles finis récemment étaient à 90% vides.  Le Guangdong, c’est aussi un smog hallucinant, qui te pourrit les bronches d’aventuriers que nous sommes… On a quand même vu une rizière en 500km…

* L’ile Hainan: « 1er destination touristique du monde en 2020″… Surtout 1ere arnaque touristique par excellence. Encore une fois, c’est du tourisme chinois: grand hôtel doré, restau doré, plage avec cocotiers doré (mais faut pas se baigner au nord, trop pollué). Flaner dans les rues reste assez sympa, et il existe des parcs avec un peu de pelouse (!).

* Le Sud du Guangxi: un peu plus campagnard. On a commencé à voir des rizières et de l’élevage. Ça reste sacrément pollué.

Au final, la Chine sans ses chinois qui ont l’air de faire n’importe quoi, n’importe comment en rigolant, ça reste une belle étendue d’immeubles au milieu d’un nuage de pollution. C’est à visiter pour sur, on a vraiment aimé, mais il faut s’attendre à du papier crépon paillette en guise de tourisme. Flâner dans les rues et manger sur le trottoir au milieu des poules qui mangent tes déchets, c’est quand même une chouette expérience.

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8 commentaires pour Bilan de la Chine

  1. Meyer Claude dit :

    Vous n’avez vraiment pas de date de retour ??? …

  2. Virginie dit :

    Je vous conseille Pékin pour vous réconcilier avec le tourisme en Chine !

    (pour une autre fois, vu que là ce n’est plus trop la route^^)

    • J’étais un peu fustrée de pas y passer, c’était dans notre plan de départ avec la muraille, mais c’est peut être pas l’idée du siècle de s’y rendre à vélo!
      Comme tu dis on se le garde pour plus tard, après tout si on voit tout maintenant, qu’est ce qui nous restera à visiter quand on sera vieux?

  3. Amiralbibi dit :

    @TQF : Merci de m’aider à visualiser cette distance pour moi qui ne connait pas les bleds paumés de la France profonde ?

    @Aux aventuriers aux poumons en acier inox : merci de nous faire voyager avec vous. Bonne route.

  4. TQF dit :

    la distance entre la Bernerie et Marcilly, je visualise parfaitement, mais les autres?

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