On a pris le transsibérien, et c’est bien ! (verset d’un poète finlandais en fin de carrière)

Alors, après Moscou, il faut rejoindre le point le plus à l’Est du monde caucasien : Vladivostok. 2 opportunités s’ouvrent à nous:

  1. l’avion (6h de vol) des hôtesses qui servent des petits fours et du champagnes ou alors
  2. le train: 6 jours à 54 gugus dans une boite à chaussure qui sent le pied faisandé au milieu de la brousse sibérienne.

On a choisit le train, et on regrette pas. Pour le passage du vélo de 3,50 à faire entrer dans le train, je guiderais le lecteur vers plus d’assiduité, et lui demande gentiment de remonter le temps afin de voir comment on s’est demerdé, l’explication à fait l’objet d’un article dédié.

Cet aparté mis à part, une autre digression (« gression ») sur le « comment-est-ce-que-l’on-trouve-le-fameux-train-qui-nous-emmène-à-l’autre-bout-de-la-terre? » Moscou est une bien organisé puisque chaque destination  à sa propre gare (un peu comme à paris avec la gare du nord pour les trains vers le nord, la gare de l’est pour les trains vers l’est, la gare montparnasse pour les trains vers le mont Parnasse etc…). Sauf que pour Moscou, il y a beaucoup plus de point cardinaux que pour paris (pasque en Russie, ça aime bien flamber sur les bords). Du coup, il y a peut être 14 ou 15 points cardinaux et donc autant de gares. Alors, on a cherché la gare du transsibérien en s’attendant à voir un truc complètement excentrique-bourrin avec les colognes de bouraine et tout le tintouin d’ouvrier en faucille. Ben on a été déçu. Introuvable de prime abord la fameuse gare.

Manue me laisse au pied d’un réverbère pour faire le tour du pâté de maison. Je me fais accoster par une bande de types tout droit venu du Tadjikistan (enfin je crois). Je discute avec eux de mon meilleur russe (fransouz, velocipiet, tchoutchou, vladivostok).  Mais ils doivent pas comprendre le russe puisqu’ils me répondent n’importe quoi.

Manue revient et me dit qu’elle a trouvé. Et la, la désillusion, les colonnes de burène ont été remplacées par une série de quais miteux avec des vendeurs à la tire. Le seul truc qui me fait penser au transsibérien, c’est le poteau au milieu qui indique que ici, c’est le km 0 de la civilisation, et qu’il reste 9 298km avant destination.

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Le train arrive, on monte dedans (en prenant la suée du siècle – voir l’article sur mettre le vélo dans le train) et paf, le train part. Comme quoi, monter dans le transsibérien, c’est pas compliqué. Au menu, 9298km, 8 fuseaux horaires, 146h de train, 4 voisins de couchettes, 27 repas de nouilles chinoises, 35 parties de freecell, 12 parties de crapettes, les frères Karamazov de Dostoïevski (aucun lien avec la cité de la peur), 443 tisanes, des chiottes bouchées, une bouteille de vodka sans bouchon, une agression de contrôleur, un japonais qui se prend en photo, des coupeurs de champignon dans la forêt au milieu de la Sibérie, des paysages à coupé le souffle, la politique environnementale russe, le lac Baïkal de nuit que l’on a pas vu…

Alors, le transsibérien, on l’a pris en plazkart (ça veut dire « wagon-pour-les-prolos » en russe ou 3ème classe). C’est le moins cher (genre 550€ pour 2 le voyage acheté en gare de Vyborg), et c’est censé faire de nous des aventuriers. Alors du coup, on a pas hésité. La Plazkart, c’est un wagon, avec un couloir qui le traverse, sur la droite 2 couchettes parallèles à l’avancement du train, sur la gauche, 4 couchettes perpendiculaires à l’avancement du train avec une petite table. C’est rudimentaire, mais y a pas de poule ni de chèvre comme dans certaines légendes rapportés par des âmes non charitables.

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 Chaque couchette à droit à un matelas, un oreiller, une paire de drap, une tasse avec les haut faits d’armes du train dessus. Dans le train, la coutume est de mettre ses habits d’intérieur (autrement dit de plouc pour certain). On sort donc nos tongues de fêtes que l’on ne quittera que 6 jours plus tard (merci Michèle, tes tongues m’ont accompagnées jusque dans le bateau du japon ou je les ai jetées à regret).

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Il est temps que l’on se remette à pédaler pasque le bronzage tongue commence à disparaître.

Le train va s’arrêter dans plein de gares, et comme c’est plus facile à gérer, les horaires des arrêts sont à l’heure de Moscou.

DSCN3335 (768x1024)Les noms des villes sont écrits en russe, donc on sait pas toujours comment ça se prononce, mais pas exemple, ci dessous, c’est Ekaterinbourg avec le wagon restaurant (aussi Pectopah pour les intimes):

DSCN3282 (1024x768)Sur le transsibérien, on voit pas mal de trains, de forêts, de bâtiments… et tu comprends pas trop pourquoi ils sont là:

DSCN3325 (1024x768) DSCN3333 (1024x768)Et un batiment qui sert à rien, un ! (et y en a tout un camion des comme celui-là…).DSCN3310 (1024x768)

C’est des péniches, en soi, rien d’extra-ordinaire. Le véritable exploit, c’est d’avoir réussi à prendre la photo entre les piles du pont qui ressemble à ça: (comme quoi, on a l’instinct du guépard ou pas…).DSCN3326 (1024x768)
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Ensuite, y a de la steppe, de la forêt et des villages paumés au milieu de rien ou même les russes se demandent ce qu’ils font les gens du coin pendant l’hiver (je suppose qu’ils chassent des ours en buvant de la vodka, mais j’ai peur de tomber dans le stéréotype). Et d’ailleurs, voila un village avec encore un bâtiment qui sert à rien.

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Pour pas s’ennuyer dans le transsibérien, il y a deux solutions: manger, jouer aux cartes, et lire des livres, et tenter de discuter avec les voisins (ok, ça fait quatre).

DSCN3338 (1024x768)Stéphane se fait rouster à la crapette alors qu’il pensait gagner. En même temps, parait que la crapette se joue avec 2 jeux de 54 cartes et la y avait seulement des jeux de 32 cartes. Donc, on peut dire qu’il y a match nul. 
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Manue compte ses doigts de pieds. Après 6 jours de voyages, il y en aura toujours 10. Bon signe pour la suite du voyage.DSCN3281 (768x1024)Cette photo a été prise au début du voyage, Manue avait le sourire en achetant la ration de nouille chinoise quotidienne. DSCN3287 (1024x768)Le transsibérien, c’est aussi plein de paysage. Je vous aurais bien montré les photos du lac Baïkal, mais on en a pas, on dormait comme des loutres car c’était la nuit.

Sinon, dans le transsibérien, ben y a des russes. Et parmi les russes, y a Viktor. Faut que je vous parle de viktor, pasque c’est quand un phénomène le bonhomme. Viktor s’est pris d’amitié pour nous vers midi ou en matinée suivant le fuseau horaire retenu. Passablement bourré, il nous propose de but en blanc de gouter à l’eau russe qu’il a dans sa petite fiole, j’ai nommé la vodka. Etant de bonne composition, nous éconduisons le turbulent en lui disant que bordel, picoler de la vodka au petit dej, fallait quand même pas se foutre de notre gueule. Comme viktor ne parle pas anglais ou français pour 1 rouble, on abandonne et on prend un shooter chacun. Cela nous permet de découvrir que notre voisin de couchette parle anglais finalement (comme un petit nègre espagnol, mais quand même). Petite digression sur la vodka: en russie, en france ou ailleurs, la vodka au petit déjeuner reste particulièrement difficile à apprécier.

Content de son petit effet, viktor rentre à sa couchette, attend la prochaine gare, descend sur le quai et revient direct vers nous super content avec … une bouteille de vodka ! (« et merde » nous traverse gentiment la tête…). Au même moment, un japonais et un italien que l’on a rencontré sur ce même quai arrive à notre couchette pour visiter la « classe-des-prolos ». Ils seront pas déçu de la visite et n’auront pas fait le voyage à vide. Autre digression: la coutume russe veut que si on ouvre une bouteille, il faut la finir (bière, eau, jus d’orange ou vodka). A cet effet, les fabricants de bouteille ont eu la chouette idée de mettre une sorte de capsule en plastique en guise de bouchon. Capsule qui une fois enlevée ne peut plus être remise … Nous voila donc embarqué avec un gros russe militaire bête, un japonais qui sait pas dire non, un italien qui s’échappe en disant qu’il a mal au bide.

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Le japonais prendra 3 verres et se dira qu’il en a assez de visiter la 3ème classe (tout en ayant pris 43 photos avant de partir). L’italien s’échappera direct.

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Viktor bat des ailes après avoir pris un « verre-russe », comprendre verre à ricard rempli à moitié. Le soulard accepte de prendre une lichette d’eau pour faire passer. On en arrive au point ou l’on sait plus trop quoi faire de la bête.

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Au 3/4 de la bouteille, stéphane à l’idée géniale de remplir d’eau tous les verres. Le russe est déstabilisé, n’ose pas boire l’eau des verres, n’a plus de verre – Game Over -. Et c’est l’oeil, la gueule torve qu’il ira ramper jusque sa couchette quand une grand mère poussa sa gueulante pasqu’il était trop bourré.

Le lendemain, il recommencera à picoler dans son coin avec les 6L de bière qu’il a caché avec son pote. Après quelques heures à picoler, ca deviendra rapidement confus. Une baston avec le contrôleur et quelques types qui trainent par la plus tard, on décide de valider le fait que viktor est un grand bête. Il se fera sortir à la gare suivante au prix d’une autre petite bagarre avec les gringalets de la police locale.

Le reste du voyage se passera dans le calme avec des beaux paysages, des trains :

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Pour le transsibérien, ne pas oublié de prendre une serpillière pour aller nettoyer les vitres, pasque sinon, les photos sont pas terrible.DSCN3323 (768x1024) Après 5 jours de train, il se passe ce qu’il doit se passer, on prend 7h de décallage horaire dans la tronche. Ce qui fait que l’on dort le jour et que l’on sait pas quoi faire la nuit.

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On arrivera à vladivostock le 26 Aout. Après 2 jours à visiter la ville, départ en ferry vers le japon et arrivée le 30. Au japon, le temps est au typhon. On attend 2 jours dans un hotel avant de se remettre en route le 1er septembre pour un mois de taboo-pictionnary avec les japonais.  On va bien rigoler je crois.

S.

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7 commentaires pour On a pris le transsibérien, et c’est bien ! (verset d’un poète finlandais en fin de carrière)

  1. Vincent dit :

    C’est vrai que les précédents voyages par procuration en transsibérien n’étaient pas si détaillés !
    Dommage qu’ils n’aient pas mis le lac Baïkal un peu plus loin sur le trajet, comme vous vous ennuyiez la nuit, au moins vous l’auriez vu !
    Et si je compte bien, le train tiens une moyenne de 63 km/h ! Faudrait pensez à leur vendre des TGV aux Russes !

  2. LeBonGé dit :

    J’ai récupéré Internet après 10 jours au moins d’interruption. Que de choses à lire et que d’aventures vous avez vécu durant cette période. Content de vous retrouver toujours en forme et prêt à de nouvelles découvertes.

  3. Patricia GOUCHET dit :

    Le transsibérien comme si j’y étais, waouh! et tout à coup, je me rends compte que je n’ai pas bougé de ma Sologne, très étrange comme sensation… merci de partager si bien vos aventures, j’ai hâte de lire la suite.
    apipoussane (ce n’est ni du russe ni du japonais, c’est du 3013)

  4. elo des iles dit :

    Merci pour la photo de victo et cet article, on a bien rit

  5. Marthe & Greg dit :

    bravo vous avez traversé le continent! vous nous faites rêver! bonne continuation, nous on vous suit assidûment!

  6. Dad & Momo dit :

    bien content d’avoir des nouvelles, bon courage pour la suite, un petit reportage sur le ferry serait sympa^^

    キス en mass

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