Un Azub Twin dans un train : Check!

Pour nous rendre à Moscou depuis Saint Petersbourg, nous avions plusieurs options :

  • Le vélo, il nous aurait fallu environ 10 jours pour parcourir les presque 800km entre les deux villes.
  • Le train, en une nuit : c’est bouclé. 

En regardant un peu les cartes, il nous est difficile de trouver autre chose que l’autoroute et les quelques jours entre la frontière finlandaise et St Pet nous ont vite convaincus de prendre le train!
En plus, c’est comme une répétition pour le transsibérien, on démonte le vélo, on le rentre dans le train et on y dort. Et si au pire quelque chose ne se passe pas comme prévu et qu’on loupe le train, il y en a toutes les heures et ça ne coûte pas très cher.
Alors on a pris nos billets, pour la date qui nous convenait, ça faisait un départ à 1h40 du matin. On se dit que comme ça on aura tout notre temps pour nous préparer. On demande au guichet s’il nous faut un billet pour le vélo et comment ça se passe, on montre une photo du tandem et on explique qu’il se coupe en deux morceaux. La guichetière nous dit qu’il n’y a pas de frais supplémentaire et qu’il suffit de l’emballer proprement avec les roues démontées, et qu’il devrait tenir dans les racks à bagage au dessus de nos couchettes.
On arrive donc avec pas mal d’avance à la gare de St Pet pour voir comment ça se passe. Il est 23h, je fais le tour de la gare pour voir le meilleurs trajet pour le vélo. Le quai n’est pas indiqué et il semble s’indiquer peu de temps avant le départ. Je vais donc au bureau d’information pour demander si je peux savoir où devrait être le train pour commencer à le démonter au bon endroit. Là on m’explique que je dois avoir un billet pour le vélo et on m’indique un guichet. Au guichet, coup de chance, l’agent PJD (SNCF russe) parle anglais et on peut à peu près se comprendre. Il me fait un billet pour le vélo et me dis qu’il faut payer cash. Je lui réponds que j’ai presque plus de cash et que je vais devoir aller en retirer. Quand je lui demande le prix, il fait encore quelques manips sur son ordinateur et m’annonce un prix de 65 roubles (1,5€). Dans ces conditions j’ai encore largement assez de cash! Je lui paie et lui demande comment je peux faire pour savoir sur quel quai le train va arriver. Il n’en sait rien et me dit qu’il faut surveiller les écrans d’affichage. Je retourne vers Stéphane qui pendant ce temps là, s’est fait prendre en photo par des chinois qui passaient par là et qui ont voulu grimper sur le vélo. Puis ils ont demandé le prix du tandem et ont pris leurs jambes à leur cou en entendant la réponse!

On se trouve un coin tranquille pour commencer à démonter le vélo, sous le regard curieux de miliciens qui surveillent la gare. On enlève les sièges, on déraille les chaines pour les emballer proprement, on démonte la transmission de la commande rolhoff (changement de vitesse) et la manette de frein arrière, il ne faut plus de lien entre les parties avant et arrière du vélo pour le séparer complètement. Juste avant qu’on démonte les roues, le train est annoncé. Il nous reste une heure avant le départ. On recharge tous les bagages sur ce qu’il reste du vélo pour apporter tout d’un coup sur le quai. On se rend compte qu’on a plus tant de temps devant nous, on enlève les roues, on sépare le cadre en deux, le guidon est sorti de la colonne pour être fixé dans l’axe du cadre, la baume (tube qui tient le pédalier avant) doit elle aussi être sortie puis fixée sur le cadre pour réduire la longueur du paquet. Il nous faut encore emballer tout ça! Le train arrive à quai il y a du monde partout qui s’agglutine aux portes du train où on ne rentre que sur présentation du billet et du passeport. On emballe nos deux moitiés de vélo avec des sacs poubelles donnés par l’auberge de jeunesse de St Pet (cuba hostel, super auberge!) et le scotch donné par le papa d’Emma. On se retrouve donc avec 6 sacoches, un sac à dos, et deux paquets énormes en sac poubelle irrattrapables! et il faut tout rentrer dans le train et trouver à tout caser! 1ère étape tout approcher de la porte. Par chance, nous apercevons Stéphane (un autre Stéphane, rencontré à l’auberge) et qui nous file un coup de main avec les sacoches. Tout est au pied du train. Stéphane se lance avec une moitié de vélo, il trouve nos couchettes, tout au fond du wagon. On demande à la contrôleuse si on peut passer par l’autre porte mais c’est « HET! » (Niet). Il faut donc tout acheminer à travers le couloir étroit entre les couchettes pleines de monde qui fait son lit, cale ses bagages, ressort fumer une clope, se pose dans le couloir pour regarder ce qu’on trafique… Les regards courroucés fusent mais Stéphane doit tout de même apporter nos bagages! Une fois face à nos couchettes, il nous faut pousser les bagages des personnes déjà installées pour placer nos étranges et gros colis! Stéphane se fait aider d’un type qui accompagne sa copine dans le train, les deux moitiés de vélos sont rentrées, on passe aux sièges, puis aux sacoches avec lesquelles on joue à Tetris. Un peu sous la couchette du bas, un peu au dessus de la couchette du haut. Ouf, tout est rentré!

DSCN3018 (800x600)Tiens, ça bouge, on est déjà partis! Finalement c’était juste niveau timing. Je fais les lits pendant que Stéphane reprend son souffle, il fait environ 1000°C (31°C selon l’affichage du train). Je file aux toilettes me rafraîchir et passer des vêtements plus légers pour la nuit. Il est 2h du mat’, Stéphane s’endort comme un saucisson et je bouquine un peu. En me retournant, je me cogne un grand coup contre la fourche avant qui dépassait, il faut mieux caler ça, ça fait mal!
Au bout d’un moment tout devient calme dans le wagon, mis à part le bébé qui hurle tous les quarts d’heure. Petite nuit. Vers 9h la contrôleuse passe dans le wagon et fait signe de défaire les lits, on arrive bientôt. Une fois arrivés à Moscou, on laisse tout le monde sortir pour décharger tranquillement nos bagages. Mais ce n’est pas de l’avis des contrôleuses qui nous font signes de nous casser fissa. Elle empoignent nos sacoches et en de coups de cuillère à pot nous voila sur le quai avec toutes nos affaires.

DSCN3021 (800x600)
Le train ne bouge pas cependant, elle voulaient juste la paix pour faire le ménage (j’imagine).
Commence alors le long et fastidieux travail de tout remettre en place. Il est impossible de nous déplacer sans que le vélo ne roule et porte les sacoches. Sous l’œil amusé des ouvriers du chantier du quai d’en face, on ouvre chaque paquet et on remonte tout : guidon, baume, cadre en un seul morceau, sièges, roues, freins, commande rolhoff. On règle les sièges rapidement et en une heure on est parés. Les bagages chargés on se remet en route. Là le miracle se produit : l’amas de tubes, pédales câbles une fois remis en place tourne comme une horloge!

DSCN3022 (800x600)
Direction l’ambassade de France où le vélo sera sécurisé pendant notre visite moscovite. En sortant de la gare, on a même pas le temps de sortir le plan de la ville qu’on est abordés de toutes part par ces curieux. « D’où venez vous? Où allez vous? Combien de temps? Vous êtes courageux, soyez prudents! » Même après une très petite nuit, nous voila regonflés et prêts à conquérir Moscou et ses avenues en 2×3 voies intraversables, ses Hummer et ses Lada.

DSCN3025 (800x600)
Le trajet pour rejoindre l’ambassade nous prendra plus d’une heure, mais on s’arrête papoter au pied de St Basile le bien heureux avec (entre autres) des touristes parisiens qui nous prennent en photo.

DSCN3033 (800x600)
Une fois à l’ambassade, nous laissons le vélo dans la cour, et 5 sacoches au poste gendarmerie et il nous reste plus qu’à nous reposer en attendant 21h, notre RdV avec Natalia (copine de la fille de la femme d’un copain du père de Stéphane) qui nous accueille! On commence par aller reprendre des forces au restau, on a rien bu depuis 15h parce qu’on a été assez blaireaux pour ne pas prendre d’eau pour le train. On a faim et on commence à être secs comme des raisins de Corinthe.

DSCN3046 (600x800)
Une fois les estomacs remplis de pâtes et de smoothie fraise / cappuccino frappé, la fatigue se manifeste, nous trouvons un parc fort agréable pour faire une petite sieste de 4 heures.

DSCN3049 (800x600)
Notre rendez vous avec Natalia approche, nous en profitons pour faire le chemin à pied et profiter de la traversée de Moscou. Depuis les quai on s’amuse à déchiffrer tout ce qu’on peut et signe du destin, un bateau nommé « bon voyage » passe.
DSCN3051 (800x600)

Cet article, publié dans 07 - Russie, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Un Azub Twin dans un train : Check!

  1. Amel dit :

    Ca ressemble plus à l’aventure ça! Je sais pas si j’aurais osé énerver des russes, même une controleuse de train!
    bisous les copains

  2. (Joli)papa dit :

    Merci, à Michèle nous avons bien reçu la carte SD.

  3. (Joli)papa dit :

    On se pose la question de savoir si MANUE a réussi à faire la phrase pour donner le lien entre Natalia et Patrick en une seule fois sans réfléchir.
    Prenez des sacs au cas ou il y aurait une mer très forte pour aller au Japon et un peu d’eau.
    Bisous Annie

  4. Elo des iles dit :

    ahh les parcs de Moscou sont vraiment top, les énormes coussins ont l’air très confortables! bravo pour la reconstruction du vélo du premier coup, j’avais un peu peur de lire l’article et d’apprendre que vous aviez perdu genre le guidon ou le pédalier dans le train !!! tout va bien, tant mieux! continuez bien!!! bisous!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s